Friday, January 13, 2012

Myopathie atypique ou une conséquence de nutrition insuffisante des chevaux affectés ?

Par Maksida Vogt

Depuis les deux dernières années il y a des informations sur cette maladie qui se répand créant la panique parmi les propriétaires de chevaux. Les chevaux semblent mourir mystérieusement lorsqu’ils restent dehors. Des cas sont recensés en Angleterre, en Suède, en Belgique, en France, en Suisse et en Allemagne. 90% des chevaux atteints de cette maladie meurent et personne ne sait de quel mal il est question. La seule chose qui relie ces morts à cette affection est qu’ils sont tombés malades en automne, qu’il s’agit généralement de très jeunes ou de vieux chevaux affaiblis (bien que pas tous), ainsi que des chevaux stressés par l’entraînement. Il y a aussi le fait que les pâtures sur lesquelles se trouvaient les chevaux étaient sur-pâturées, et ce, depuis des années.

Le seul conseil donné par les professionnels aux propriétaires effrayés fut de remettre leurs chevaux au box. Il y a également eu des discussions à propos de la vaccination afin de protéger les chevaux de cette maladie. Il est curieux de penser à protéger des animaux par un vaccin contre une maladie dont on ne sait même pas de quoi ou d’où elle provient. D’autre part il y a eu de nombreux rapports et articles démontrant les méfaits de trop nombreux vaccins sur la santé des hommes et des animaux, il s’impose de se demander s’il s’agirait du bon moyen de prévention par rapport à cette maladie.


Les chevaux frappés par la myopathie atypique peuvent présenter des symptômes tels qu’ une transpiration importante, action désordonnée des muscles, des faiblesses, une atrophie importante des muscles, des urines foncées, une réticence à bouger, une impossibilité à se lever, une impossibilité de mâcher et de déglutir, des difficultés respiratoires et la mort survenant après 12 à 72 heures due à l’effondrement du système cardiorespiratoire. Les symptômes et les douleurs diffèrent en fonction des chevaux. Aux stades initiaux, les symptômes peuvent être confondus avec ceux d’une colique.

Mais cette maladie n’a rien de nouveau, en Angleterre il y a eu 1976 cas recensés depuis 1939. En 1984 l’affection fut nommée Myopathie Atypique.


Le Dr. méd. vétérinaire Uwe Hörügel de l’Institut Allemand “Saxony Animal Epidemics Institute” se spécialisa dans l’étude de ce phénomène et parvint aux conclusions suivantes:

La Myopathie atypique ressemble plus à un désordre du métabolisme musculaire par intoxication des parcs en Europe et en Amérique du Nord. (puisque, de part leur nature, tout cheval devrait être laissé sur des parcs, ces conclusions sont quelque peu dérangeantes). A l’automne 2009 il y a eu 371 cas recensés en Europe, et 125 au printemps 2010.

Il apparaît que les chevaux sont tombés malades par les jours de plus forts vents et qu’il s’agissait de chevaux dans des situations stressantes comme les produit un entraînement intense, un transport ou qu’ils avaient des déficiences immunitaires. Dans presque tous les cas, les chevaux se trouvaient sur des parcs surpâturés et avec des crottins non ramassés auprès desquels poussaient des grands érables. Très souvent les feuilles d’érables sont touchées par un champignon du nom de Rhytisma acerinum Ceci confirmerait les observations faites en 2009 par les Dr. Renate Vanselow et Silke Dehe, selon lesquelles il y avait une forte croissance chez les érables qui, de fait, ont multiplié l’apparition de graines et d’embryons de germes. D’après le Dr. Venselow, les graines et les feuilles peuvent avoir une forte concentration en acides aminés toxiques, qui peuvent conduirent à la mort de canetons en quelques heures. L’une de ces toxines présente dans ces feuilles est l’Hypoglycine, qui est également toxique pour les humains. L’Hypoglycine est un acide aminé qui devient toxique après la digestion et les personnes atteintes présentent les mêmes symptômes que les chevaux atteints de Myopathie Atypique. En Amérique sont recencés de tels cas, de chevaux ayant ingéré des feuilles d’érable rouge.


Érable Sycomore (Acer pseudoplatanus), Inflorescence, Lieu: Marburg, Hesse, Allemagne

Après les analyses faites sur les pâtures touchées il apparaît que l’herbe contenait très peu de nutriments et que les chevaux n’avaient pas de complément nutritifs ou de grain. Ceci signifie que, par le seul pâturage du parc, les chevaux ne pouvaient prélever qu’un tiers de l’apport nutritif nécessaire à leur survie. Ceci implique que les chevaux se trouvaient en déficit énergétique et que pour rééquilibrer cela ils auraient dû avoir un apport journalier équivalent à au moins 4kg d’avoine entière.

Si nous additionnons tous ces faits, nous pouvons alors arriver à une explication, pourquoi ces chevaux ont été affectés, particulièrement après des jours de forts vents, puisque le vent transporte les feuilles mortes et les graines dans de tels parcs et que les chevaux, dans un besoin nutritionnel, les auront ingérés. Les feuilles d’érable ont un goût sucré dû au rejet de miel lors de la digestion des pucerons qui les rendent attirantes pour les animaux. Les jeunes chevaux n’ayant pas encore développé un système immunitaire vont former le groupe le plus atteint ainsi que les vieux chevaux dont le système immunitaire est affaibli. Les chevaux à l’entraînement intensif ou à la suite d’un transport sont stressés, et les chevaux stressés tombent plus facilement malades pour plusieurs raisons. En étudiant les chevaux se trouvant dans les mêmes groupes mais n’ayant pas été affectés par la maladie, il est apparu que leur concentration enzymatique dans le sang s’était modifiée dans le foie et les muscles, signifiant qu’ils auraient également été en contact avec la toxine et l’avaient ingéré, mais que leur système immunitaire était assez fort pour empêcher la maladie de se développer.

Pour aider les chevaux à rester en forme il n’est pas conseillé de les enfermer puisque ceci les affecte énormément. Les chevaux doivent pouvoir vivre sur des pâtures suffisamment vastes et celles-ci doivent être nettoyées des crottins et des feuilles d’érable. De plus les chevaux doivent avoir à disposition du bon foin et doivent recevoir une ration d’avoine entière et ne doivent pas être laissés livrés à eux-mêmes à l’herbe. Les chevaux ayant une activité de travail devront recevoir des rations plus importantes d’avoine. Enfin tous les chevaux devront avoir accès à des minéraux, mis à leur disposition à volonté sous leur forme naturelle.

Il est fortement improbable que les chevaux aient ingéré des quantités assez importantes de feuilles d’érables pour s’en rendre malade si leurs besoins énergétiques avaient été respectés.
Le facteur stress est également important ainsi que l’état de santé du système immunitaire. Pour un cheval en bonne santé, il n’est pas problématique de manger de grandes quantités de plantes toxiques comme vu sur les exemples ci-dessus. C’est la somme des facteurs de risques qui détermine si un cheval va tomber malade ou non. C’est le cas pour de nombreuses pathologies que nous rencontrons.
Un autre facteur qui pourrait influencer le choix du cheval pour sa nourriture réside dans l’habitat inadéquat que nous lui fournissons. Lorsque les chevaux sont nés au box et gardés de cette manière ils peuvent développer différents types de désordres qui apparaissent, outre la non reconnaissance des plantes sur pied, au niveau des pieds, de la locomotion et du comportement. Il y a en général plusieurs points qu’il faudrait repenser dans l’hébergement de nos chevaux aujourd’hui, nous sommes à l’époque où de grands parcs avec des abris devraient être la norme.

Référence
http://www.tsk-sachsen.de/index.php/pferdegesundheit/kontaktpferd

Nous publions ici le commentaire (envoyé par mail) de Mme Dehe, journaliste pour un magazine animalier allemand, qui nuance fortement notre prise de position (posté sur le blog Allemand) :
 
« ce conseil » selon lequel on ne devrait pas enfermer les chevaux parce que cela les affecte énormément devrait peut-être être repensé.
A l’heure actuelle je voudrais conseiller aux propriétaires de chevaux, de ne pas laisser leurs chevaux sur les parcs à l’automne, lorsqu’il y a beaucoup de feuilles au sol, ou là où se trouvent de nombreuse feuilles d’érable ou de jeunes pousses d’arbres.
Il est très difficile pour un propriétaire de tenir son parc nettoyé de toutes feuilles ou de faire la différence entre différentes pousses d’arbres. Ainsi par forts vents ou par grands froids les conditions de toxicités peuvent changer. Il n’y a pas eu de recherches actuellement sur le fait que des chevaux avec suffisamment de nourriture ne mangent pas les feuilles d’érable et le danger ne peut pas être écarté. Peut être existe t'il des chevaux qui préfèrent les feuilles d'érable ? Dans le Nord Rhein Westfallen, sur un parc bordé par une rangée d'érables, les chevaux avaient suffisamment d'herbe, pourtant quatre sont morts.
« Les chevaux doivent pouvoir vivre sur des pâtures suffisamment vastes et celles-ci doivent être nettoyées des crottins et des feuilles d’érable »- Cela est impossible sur des grands parcs pour la plupart des propriétaires.

« De plus les chevaux doivent avoir à disposition du bon foin et doivent recevoir une ration d’avoine entière et ne doivent pas être laissés livrés à eux-mêmes à l’herbe »
Attention, sur l'un des parcs où je me suis rendue le foin était posé juste sous un érable. Ainsi, les feuilles et les graines pouvaient être ingérées avec le foin.

A ce propos, je me rends sur les différents parcs ou les chevaux meurent subitement quand ils sont à moins de 100 km.

Merci à vous d'avoir écrit cet article, je suis toujours intéressée par le nouvelles et les informations à ce sujet.

Avec mes plus sincères amitiés
Silke Dehe

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